Quelques jours après l’attaque sanglante de Kenscoff, 47 vies ont été arrachées et plus de 50 personnes restent aux mains des gangs. Derrière ces chiffres, des familles pleurent, d’autres attendent encore le retour d’un proche. Et au milieu de cette douleur, une question devient impossible à ignorer : où est l’État ?
Alors que des familles pleurent leurs proches et que d’autres vivent dans l’angoisse, sans savoir ce qu’il adviendra des personnes retenues par les groupes armés, aucune prise de parole forte des plus hautes autorités du pays n’est venue, jusqu’ici, apporter publiquement soutien, compassion ou réponses aux victimes.
Jeudi, face aux journalistes, le porte-parole de la Police nationale d’Haïti Garry Desrosiers, a présenté ses condoléances aux personnes touchées par le drame. Interrogé sur les démarches entreprises pour les otages, il a toutefois indiqué que la police ne pouvait pas dévoiler publiquement ses plans.

La situation est d’autant plus inquiétante qu’un chef de gang aurait menacé d’exécuter les otages si des membres de son groupe étaient tués pendant les opérations policières visant à sécuriser Kenscoff.
Pendant ce temps, une interrogation demeure : comment une attaque d’une telle ampleur a-t-elle pu frapper cette communauté sans être empêchée ?
À Kenscoff, derrière les chiffres, il y a surtout des familles endeuillées, des proches qui attendent le retour des leurs et une population qui réclame plus que des mots : des réponses, une présence et des actions.
